{"id":445090,"date":"2015-05-11T20:25:05","date_gmt":"2015-05-11T18:25:05","guid":{"rendered":"https:\/\/dev.elorainweb.com\/?p=445090"},"modified":"2024-05-12T11:02:48","modified_gmt":"2024-05-12T09:02:48","slug":"vogue-collections-automne-hiver-2015-2016-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/vogue-collections-automne-hiver-2015-2016-2\/","title":{"rendered":"Vogue Collections Automne Hiver 2015-2016"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: justify; \">\nVogue Collections Automne Hiver 2015-2016<\/p>\n<p>SOUND MAN<br \/>\nC&#8217;est l&#8217;un des hommes invisibles de la fashionweek &#8211; mais l&#8217;un des plus importants aussi.FREDERIC SANCHEZ signe depuis vingt ans les bandes-son des plus beaux d\u00e9fil\u00e9s. Rencontre avec un story-teller musicalunique, dont le talent a s\u00e9duit Miuccia Prada et Rei Kawakubo, Marc Jacobs &#8230;<\/p>\n<p>C&#8217;est un grand studio tout blanc, quelque part du c\u00f4t\u00e9 de la gare de l&#8217;Est. Dans la biblioth\u00e8que qui grimpe jusqu&#8217;au plafond, il y a des CD, bien s\u00fbr, des dizaines de vinyles &#8211; \u00e0 moins que ce ne soit des centaines. Sur le bureau, on d\u00e9nombre 23 disques durs externes &#8211; \u00abmais il y en a beaucoup plus en bas\u00bb, s&#8217;amuse Fr\u00e9d\u00e9ric Sanchez. La quarantaine \u00e9l\u00e9gante, l&#8217;oeil p\u00e9tillant, pantalon gris et pull sombre, l&#8217;ex-m\u00f4me des ann\u00e9es 80, arriv\u00e9 \u00e0 la mode par la musique, vient de terminer le marathon de la saison automne-hiver 2015\/2016. \u00c0 son actif, des big names ( Prada, Comme des Gar\u00e7ons, Marc Jacobs, CalvinKlein .. .) et des new-comers (Marie Katrantzou,Thomas Tait&#8230;), pour qui il travaille la mati\u00e8re la plus impalpable qui soit : le son. Egalement aux commandes d&#8217;installations sonores personnelles, commissaire d&#8217;exposition, du Louvre \u00e0 la Cit\u00e9 de la Musique &#8211; on l&#8217;imagine \u00ab\u00e0 la mode\u00bb, exub\u00e9rant. C&#8217;est un cr\u00e9ateur discret qui vous propose un caf\u00e9, se r\u00e9jouit de n&#8217;avoir, pour l&#8217;instant, aucun projet en cours, et n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 confier son rapport complexe \u00e0 la ville, de laquelle il s&#8217;\u00e9chappe pour travailler dans son studio install\u00e9 en Normandie.<\/p>\n<p>Un d\u00e9fil\u00e9 dure en moyenne dix minutes.<br \/>\nComment raconte-t-on une histoire en un laps de temps si court?<\/p>\n<p>\u00c7a d\u00e9pend des maisons. Pour chacune, j&#8217;ai une quarantaine d&#8217;heures de travail, et de deux \u00e0 quatre rendez-vous. Au-del\u00e0 du travail de studio, je parle beaucoup avec les cr\u00e9ateurs.<\/p>\n<p>Vous voyez les collections avant tout le monde?<\/p>\n<p>Pas forc\u00e9ment. Parfois je ne les vois pas. Cette saison, j&#8217;ai travaill\u00e9 avec Guillaume Henry: pour sa premi\u00e8re collection chez Nina Ricci, il m&#8217;a surtout montr\u00e9 des photos, des objets &#8230; Mais chez Comme des Gar\u00e7ons, j&#8217;ai droit \u00e0 un v\u00e9ritable d\u00e9fil\u00e9, pour lequel j&#8217;arrive avec une centaine de propositions diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Pour l&#8217;automne-hiver, la tendance serait &#8230;<\/p>\n<p>Une po\u00e9sie chaotique. Pas mal d&#8217;entrechocs, sous tendus par une envie d&#8217;\u00eatre cr\u00e9atif en allant jusqu&#8217;aubout. J&#8217;ai eu envie de recommencer \u00e0 travailler avec des ruptures, des non-mixages, comme les collages chez Miu Miu, ou cet enchantement un peu acide du show Prada.<\/p>\n<p>Ce go\u00fbt du non-mixage, c&#8217;est l&#8217;inverse d&#8217;un travail de DJ?<\/p>\n<p>Je ne suis ni DJ, ni disquaire, ni programmateur! Ce que je fais, c&#8217;est de la mode. De la mode sonore, mais de la mode avant tout. Il faut savoir \u00eatre humble pour accompagner les collections. Apr\u00e8s, je fais une diff\u00e9rence entre mon travail de commande et mon travail personnel.<\/p>\n<p>Quel a \u00e9t\u00e9 votre projet le plus fou? <\/p>\n<p>Une collaboration avec la fondation Prada, \u00e0 Venise, pour l&#8217;exposition \u00abArt or Sound\u00bb. Miuccia Prada m&#8217;avait demand\u00e9 d&#8217;orchestrer 250 oeuvres sonores &#8211; et elle ne voulait pas de casques. Il y avait tout un travail sur l&#8217;espace, la mani\u00e8re dont le son se diffuse, se r\u00e9percute, se m\u00e9lange &#8211; ou pas.<\/p>\n<p>Quels sont les lieux que vous aimez?<\/p>\n<p>Les endroits qui r\u00e9sonnent. Les endroits imparfaits, comme le Grand Palais, o\u00f9 j&#8217;ai travaill\u00e9 \u00e0 deux reprises. J&#8217;aime cette id\u00e9e de r\u00e9verb\u00e9ration, de d\u00e9lai, que le son prenne du temps pour se faufiler dans les imperfections de l&#8217;espace. Le son, c&#8217;est une histoire, un cheminement, c&#8217;est remonter le fil du souvenir. <\/p>\n<p>Et les musiciens qui vous inspirent? <\/p>\n<p>\u00c7a a beaucoup \u00e0 voir avec les ann\u00e9es 70. John Cale m&#8217;a fait d\u00e9couvrir la musique minimaliste am\u00e9ricaine, Brian Eno l&#8217;\u00e9lectro allemande ainsi que la nouvelle sc\u00e8ne anglaise, Gavin Bryars, Cornelius Cardew. Et Robert Wyatt, pour la po\u00e9sie sonore.<\/p>\n<p>Un coup de coeur sonore &#8211; ou musical?<\/p>\n<p>J&#8217;aime tout. Comme j&#8217;utilise pas mal la synth\u00e8se modulaire, je m&#8217;int\u00e9resse \u00e0 des musiciens qui utilisent des syst\u00e8mes appel\u00e9s \u00abWest coast\u00bb, les anc\u00eatres du synth\u00e9tiseur n\u00e9s au d\u00e9but des ann\u00e9es 60. Eliane Radigue, une artiste fran\u00e7aise, s&#8217;en servait: je l&#8217;ai ins\u00e9r\u00e9e dans le d\u00e9fil\u00e9 Nina Ricci&#8230; Et puis je me penche sur les nouvelles artistes femmes, comme Kaitlyn Aurelia Smith, qui a sorti r\u00e9cemment Euclid, un tr\u00e8s beau disque.<\/p>\n<p>Et le silence?<\/p>\n<p>Le silence, c&#8217;est une illusion utile&#8230;\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vogue Collections Automne Hiver 2015-2016 SOUND&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-445090","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fs-press"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/445090","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=445090"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/445090\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=445090"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=445090"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=445090"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}