{"id":445272,"date":"2017-11-24T21:20:55","date_gmt":"2017-11-24T19:20:55","guid":{"rendered":"https:\/\/dev.elorainweb.com\/?p=445272"},"modified":"2024-05-12T11:40:30","modified_gmt":"2024-05-12T09:40:30","slug":"i-d-jil-sander-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/i-d-jil-sander-2\/","title":{"rendered":"I-D JIL SANDER"},"content":{"rendered":"<p>i-D &#8211; 24 Novembre 2017<\/p>\n<div style=\"text-align: justify; \">\njil Sander, grande pr\u00eatresse du minimalisme, s&rsquo;expose pour la premi\u00e8re fois Sophie Abriat<\/p>\n<p>Une nouvelle exposition c\u00e9l\u00e8bre les 40 ans de mode de celle que l\u2019on surnommait dans les ann\u00e9es 90 \u00ab The Queen of clean \u00bb. Le directeur artistique Marc Ascoli et l\u2019illustrateur sonore Fr\u00e9d\u00e9ric Sanchez qui ont travaill\u00e9 \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s racontent l\u2019exposition.<\/p>\n<p>Vid\u00e9os des d\u00e9fil\u00e9s, v\u00eatements, photographies de mode, campagnes de pub, parfums et cosm\u00e9tiques, bande-son sign\u00e9 Fr\u00e9d\u00e9ric Sanchez, salle d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019architecture des boutiques : l\u2019exposition est une immersion totale dans l\u2019univers de Jil Sander. A cela s\u2019ajoute m\u00eame un jardin (de l\u2019artiste Norbert Schoerner) r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir de paysages film\u00e9s par des drones depuis une propri\u00e9t\u00e9 du nord de l\u2019Allemagne, \u00e0 Pl\u00f6ner See, o\u00f9 la cr\u00e9atrice a l\u2019habitude de se ressourcer. Une section est \u00e9galement r\u00e9serv\u00e9e aux liens entre la styliste et l\u2019art contemporain (notamment \u00e0 travers le mouvement \u00ab Arte Povera \u00bb repr\u00e9sent\u00e9 entre autres par les artistes Mario Merz and Alighiero e Boetti). Tr\u00e8s t\u00f4t, la cr\u00e9atrice a collectionn\u00e9 des \u0153uvres de Robert Ryman, Cy Twombly, Ad Reinhardtouou encore Mario Merz (avec qui elle a d\u2019ailleurs collabor\u00e9 dans le cadre de la Biennale de Florence \u00ab Looking at Fashion \u00bb en 1996). C\u2019est le Mus\u00e9e des arts appliqu\u00e9s de Francfort, un b\u00e2timent construit en 1984 et dessin\u00e9 par l\u2019architecte New-Yorkais Richard Meier qui abrite cette r\u00e9trospective. Il fallait bien une exposition d\u2019une telle ampleur pour cette adepte du minimalisme qui a transform\u00e9 notre fa\u00e7on de nous habiller.<\/p>\n<p>Le curating \u2013 \u00e9labor\u00e9 par la cr\u00e9atrice elle-m\u00eame et Matthias Wagner K, directeur du Mus\u00e9e \u2013 recr\u00e9e l\u2019exp\u00e9rience Jil Sander. Cette derni\u00e8re ne souhaitait pas une simple juxtaposition de silhouettes, d\u00e9connect\u00e9es de leur contexte, sinon une exp\u00e9rience totale. Les deux partenaires ont travaill\u00e9 pendant 18 mois \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de cette exposition. Pour l\u2019occasion, la styliste s\u2019est replong\u00e9e pour la premi\u00e8re fois dans ses archives. Elle a demand\u00e9 \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Sanchez \u2013 auteur des bandes-son de ses d\u00e9fil\u00e9s depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 \u2013 de cr\u00e9er l\u2019environnement sonore de l\u2019exposition. \u00ab J\u2019ai travaill\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e du d\u00e9placement du son \u00e0 travers 10 programmations informatiques. Quand on se d\u00e9place, les sons \u00e9voluent \u2013 comme un nuage du son ou un parfum du son. Une forme d\u2019architecture dans l\u2019architecture, indique l\u2019illustrateur sonore. Ensemble, nous avons pens\u00e9 le son comme une enveloppe protectrice, une coque, qui accompagnerait les visiteurs. Comme quelque chose de tactile aussi. Cette exposition est une exp\u00e9rience sensorielle, une vraie exp\u00e9rience de mode : tous les sens sont mis \u00e0 contribution. Je suis tr\u00e8s touch\u00e9 que Jil m\u2019ait donn\u00e9 cette opportunit\u00e9 car c\u2019est rare de pouvoir aller ainsi jusqu&rsquo;au bout des choses \u00bb.<\/p>\n<p>Des photos sign\u00e9es par les plus grands photographes de mode avec qui la cr\u00e9atrice a collabor\u00e9 &#8211; Irving Penn, Peter Lindbergh, Nick Knight, Craig McDean, David Sims, Mario Sorrenti ou encore Jean-Fran\u00e7ois Lepage \u2013 sont projet\u00e9es sur les murs d\u2019une salle immense. A la direction artistique de ces campagnes de pub : Marc Ascoli qui a travaill\u00e9 pour Jil Sander pendant 12 ans \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. \u00ab C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s \u00e9mouvant de d\u00e9couvrir l\u2019exposition et de revoir pour l\u2019occasion l\u2019\u00e9quipe de Jil de l\u2019\u00e9poque. C\u2019est une personnalit\u00e9 charismatique, qui met beaucoup d\u2019intensit\u00e9 dans son travail. Il y a peu de femmes dans le secteur de la mode qui ont eu l\u2019ambition de cr\u00e9er un tel univers. Cette exposition est une cons\u00e9cration de son travail \u00bb, indique le directeur artistique. Dans l\u2019exposition, les imag\u00e9es cr\u00e9\u00e9es par Marc Ascoli sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es (on note la pr\u00e9sence de quelques clich\u00e9s jusqu\u2019ici jamais d\u00e9voil\u00e9s) : des images influentes et intemporelles. On pense entre autres \u00e0 ces deux campagnes de pub (devenues aujourd\u2019hui des posts classiques sur Instagram et Pinterest, indicateur de leur popularit\u00e9 !) : celle photographi\u00e9e par Craig McDean avec Amber Valletta (automne-hiver 95-96) et celle shoot\u00e9e par David Sims avec Angela Lindvall (automne-hiver 97-98). \u00ab Ces images fonctionnent parce qu\u2019elles sont r\u00e9elles et incarn\u00e9es. Ce sont justement cette \u00e9motion et cette incarnation qui sont recherch\u00e9es aujourd\u2019hui \u00bb, souligne Marc Ascoli.<\/p>\n<p>C\u2019est en 1973 en Allemagne que la styliste lance sa premi\u00e8re collection. Elle la pr\u00e9sente dans la boutique qu\u2019elle a ouverte cinq ans plus t\u00f4t \u00e0 Hambourg. Coupes nettes, tissus de qualit\u00e9 (Jil Sander a suivi des \u00e9tudes d\u2019ing\u00e9nieur textile), monochromes : la patte de celle que l\u2019on surnommera dans les ann\u00e9es 1990 \u00ab The Queen of clean \u00bb pour la pr\u00e9cision et la puret\u00e9 de son design est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. En 1979, elle d\u00e9veloppe sa ligne de parfums ; \u00ab Woman Pure \u00bb et \u00ab Man Pure \u00bb deviendront des classiques. La cr\u00e9atrice invente un nouveau langage vestimentaire, d\u00e9finit une certaine fa\u00e7on de s&rsquo;habiller. Jil Sander c\u2019est \u00ab une signature \u00bb indique Marc Ascoli, \u00ab une grammaire \u00bb rench\u00e9rit Fr\u00e9d\u00e9ric Sanchez. Elle cr\u00e9e pour habiller les femmes ind\u00e9pendantes, actives et les invite \u00e0 se lib\u00e9rer de l\u2019ornement, du d\u00e9coratif. \u00ab Si vous portez Jil Sander, vous n&rsquo;\u00eates pas \u00e0 la mode, vous \u00eates moderne \u00bb, disait-elle \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Ses principes de conception &#8211; l&rsquo;harmonie des proportions, la tridimensionnalit\u00e9, l&rsquo;euph\u00e9misme \u2013 constituent les bases de son design. L&rsquo;habillement est chez elle le reflet de la conscience de soi. Pour Marc Ascoli \u00ab Jil Sander a vocation \u00e0 raconter une attitude et pas seulement des v\u00eatements. Avec elle, la personnalit\u00e9 des femmes est plus importante que les v\u00eatements. \u00bb<\/p>\n<p>En 1989, forte de son succ\u00e8s, son entreprise est cot\u00e9e \u00e0 la bourse de Francfort, elle d\u00e9file alors deux fois par an \u00e0 Milan. Le pull en V en cachemire et la parfaite chemise blanche deviennent ses best-sellers. En 1993, en collaboration avec l&rsquo;architecte am\u00e9ricain Michael Gabellini, la styliste imagine son premier magasin phare de 1000 m\u00e8tres carr\u00e9s \u00e0 Paris, au 50 Avenue Montaigne. En 1999, elle vend sa marque \u00e0 Prada, pour finalement quitter le navire six mois plus tard, suite \u00e0 des d\u00e9saccords avec Patrizio Bertelli, PDG et mari de Miuccia Prada. Coup de th\u00e9\u00e2tre, elle revient en 2003 mais quitte une seconde fois l\u2019entreprise en 2004. Raf Simons devient alors directeur artistique de la marque, perp\u00e9tuant la mode minimaliste de la cr\u00e9atrice allemande. Il restera aux commandes du pr\u00eat-\u00e0-porter f\u00e9minin et masculin jusqu\u2019en 2012. En 2006, Prada vend la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 un groupe d\u2019investissement britannique ; elle sera rachet\u00e9e en 2008 par un groupe japonais. C\u2019est aujourd\u2019hui Lucie (ex codirectrice artistique de la mode femme chez Dior) et Luke Meier qui sont en charge de la direction artistique de la marque. \u00ab C\u2019est un certain regard qui est donn\u00e9 \u00e0 voir avec cette exposition. Un regard intimiste qui ne s\u2019adressait en d\u00e9finitive qu\u2019\u00e0 un certain public \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la mode est aujourd\u2019hui une industrie globalis\u00e9e. C\u2019est aussi une bonne le\u00e7on pour aujourd\u2019hui : quand on veut plaire \u00e0 tout le monde, on prend le risque de ne plaire \u00e0 personne \u00bb, souligne Marc Ascoli. \u00ab C\u2019est une vraie proposition sur comment on peut montrer de la mode. Dans cette exposition, je n\u2019ai rien senti de dat\u00e9 \u00bb, conclut Fr\u00e9d\u00e9ric Sanchez. L\u2019exposition est d\u2019ailleurs baptis\u00e9e \u00ab Jil Sander : Present Tense \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Jil Sander: Present Tense \u00bb au Mus\u00e9e des arts appliqu\u00e9s de Francfort, jusqu\u2019au 6 mai 2018.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>i-D &#8211; 24 Novembre 2017 jil&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-445272","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fs-press"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/445272","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=445272"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/445272\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=445272"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=445272"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fredericsanchez.com\/fredericsanchez\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=445272"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}